Blog de Jérôme Hennet

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Accords bilatéraux – Votons oui le 8 février 2009

Pour que les rois Mages restent trois !Après les votations de mai 2000 (bilatérales I), de juin 2005 (bilatérales II – accords de Schengen-Dublin) et  de septembre 2005 (extension à 10 nouveaux membres), le peuple est à nouveau amené à se prononcer sur l’avenir de notre pays vis-à-vis de l’Europe. Cette votation, tout comme les précédentes, est cruciale pour notre avenir. Elle concerne la reconduction de la libre circulation des personnes et l’extension des accords à la Bulgarie et la Roumanie.

1. Notre industrie exportatrice a su pleinement tirer profit des accords bilatéraux depuis leur mise en vigueur (les exportations ont crû de 5.9% en moyenne annuelle sur la période 2000-2007, voir chiffres de l’OFS). Renoncer aux accords bilatéraux, c’est renoncer à l’essentiel de notre croissance.

2. En relation avec la croissance générée par les exportations, l’emploi a affiché une forte progression, notamment avec 200′000 emplois créés pour les années 2006 et 2007. Contrairement aux idées reçues, comme par exemple la peur du plombier polonais, les emplois repourvus en Suisse par des ressortissants de l’Union Européenne sont constitués essentiellement d’emplois très spécialisés, pour lesquels notre pays ne dispose pas suffisamment de main d’oeuvre. (voir « 4ème Rapport de l’observatoire de la libre circulation des personnes« , PDF, 1.5 Mo). Renoncer aux accords bilatéraux, c’est renoncer à des milliers d’emplois.

3. Certains opposants s’amusent à faire du négationnisme relatif à la clause guillotine. Autrement dit, un refus le 8 février n’entraînerait, selon ceux-ci, aucune conséquence sur les accords bilatéraux tels qu’ils existent à l’heure actuelle. Même si les détails techniques ne sont pas évidents et s’il apparaît comme improbable que tous les accords doivent être renégociés, un refus entraînerait immanquablement l’abandon de la libre circulation des personnes (lire D.S. Miéville, « Au mieux, un refus le 8 février ouvrirait une ère d’instabilité« , Le Temps). De nouvelles négociations seraient alors nécessaires, avec la Suisse en position de faiblesse.

4. La crainte liée à une potentielle immigration massive des nouveaux pays, Bulgarie et Roumanie, n’a pas lieu d’être. Cette crainte avait déjà été formulée lors de la campagne de septembre 2005, pour l’extension à dix nouveaux pays membres. Et ses conséquences sont, depuis, vérifiables : aucune immigration massive ni dumping salarial ou social n’ont été observés (voir « 4ème Rapport de l’observatoire de la libre circulation des personnes« , PDF, 1.5 Mo). Ceci n’est en rien surprenant : les accords bilatéraux sont pourvus de mesures transitoires qui permettent de réguler le flux migratoire. En outre, il est bon de rappeler que le tourisme social est exclu : seuls les ressortissants de l’UE exerçant une activité lucrative ou disposant de ressources financières suffisantes pour subvenir à leurs besoins peuvent bénéficier de la libre circulation.

Voilà les quelques raisons pour lesquelles je recommande de voter OUI à la reconduction de la libre circulation des personnes et à son extension à la Roumanie et la Bulgarie le 8 février 2009.

Documentation complémentaire : www.accords-bilateraux.ch

 

7 janvier 2009 - Posté par Jérôme Hennet | Europe | | Pas encore de commentaires

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