Courrier des lecteurs – Réponse sur les accords bilatéraux
En réponse à M. Richard Cussac, de Neuchâtel, Courrier des Lecteurs du vendredi 16 janvier.
Libre circulation : ne mélangeons pas tout !
M. Cussac affirme, entre autres, dans son courrier du vendredi 16 janvier qu’une acceptation de la libre circulation le 8 février prochain favoriserait les dirigeants des grandes entreprises et leur rémunération. Ne mélangeons pas tout. Les grandes entreprises suisses sont pour la plupart multinationales et n’ont donc pas grand chose à gagner dans la libre circulation, celles-ci étant déjà implantées à l’étranger. Si elles souhaitent réellement produire à l’étranger, il y a longtemps qu’elles sont en mesure de le faire. En cas de refus, ce sont justement les PME, pour lesquelles l’exportation est incontournable, qui seront les plus désavantagées. Quant aux salaires ou bonus que leurs dirigeants peuvent s’accorder, cela relève de la politique interne de chaque société. On ne voit dès lors guère quel est le lien entre cette rémunération et les relations qu’entretient la Suisse avec l’Union Européenne.
Le scénario de l’afflux massif de travailleurs étrangers, plus souvent dénommé “peur du plombier polonais”, a déjà été évoqué lors de la votation sur l’extension aux 10 nouveaux membres en septembre 2005. Depuis, nous avons des chiffres qui sont éloquents : 200’000 emplois créés en Suisse pour les années 2006 et 2007 avec un taux de chômage qui a baissé de plus d’un point de pourcentage sur la même période. Au lieu de la considérer comme un envahisseur, n’oublions pas que l’Union Européenne reste notre premier client et permet de générer un franc sur trois dans notre pays. Voter oui le 8 février permettra de soutenir nos PME et les emplois qu’elles génèrent.
Ci-dessous l’article initial publié dans le Courrier des Lecteurs de l’Express du vendredi 16 janvier, auquel je réponds.
Non à la libre circulation…
Tout le monde a entendu que la libre circulation serait bien pour l’économie du pays, mais on entend moins que ce serait catastrophique pour la population.
Les dirigeants des grandes entreprises seraient riches. Ils vont pouvoir s’accorder des bonus faramineux: nul besoin de faire fabriquer ce qu’il leur faut en Suisse car ils seraient libres d’importer de loin à la ronde tout ce qui est produit meilleur marché et moins écologiquement que chez nous. Et il ne serait même plus nécessaire de vendre les articles qui respectent les normes suisses. Egalement, nul besoin d’employer les travailleurs d’ici: les étrangers peuvent travailler pour un salaire bradé. L’économie serait boostée comme jamais vu…
Mais que vont faire les ménages d’ici pour se nourrir après être tombés en fin de droit des indemnités de chômage ? (…) Après le licenciement, comment vont-ils payer le loyer ou l’hypothèque et nourrir leurs enfants ?
Je viens de montrer que de booster l’économie par le libre-échange est impossible sans pousser les classes moyennes à la pauvreté et les pauvres dans la dèche.
Si nous voulons approcher le taux de chômage du Portugal, couler le commerce et l’immobilier par la chute des salaires et, enfin, couler l’éducation de nos enfants faute de recettes fiscales, acceptons les accords bilatéraux: pour souffrir en agonie pendant deux générations à la suite d’une déchirure sociale comme jamais vue…
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Jérôme Hennet 
