Non le 17 mai aux médecines complémentaires dans l’assurance de base

Le débat qui concerne le remboursement des médecines complémentaires par l’assurance de base a malheureusement été transformé en un débat pour ou contre les médecines complémentaires, débat qui n’a pas lieu d’être ! Il s’agit ici de trancher si le remboursement doit se faire dans l’assurance de base au lieu de l’assurance complémentaire. L’acceptation de cette initiative (ou de son contre-projet qui ne diffère que d’un mot, voir texte soumis au vote) est dangereuse pour deux raisons : l’augmentation des coûts de la santé et la modification des critères de sélection du remboursement de l’assurance de base.
A l’heure actuelle, l’assurance de base rembourse les frais liés au traitement par la médecine que je désignerai comme traditionnelle par opposition à la médecine complémentaire. En cas de oui, l’assurance de base rembourserait les frais de la médecine traditionnelle ET de la médecine complémentaire. L’addition est mécanique ! Les défenseurs de l’initiative se défendent en argumentant que l’usage de la médecine complémentaire fera baisser l’usage de la médecine traditionnelle dans une telle mesure que l’on fera des économies. Personnellement, je n’y crois pas. D’abord, parce que l’introduction dans l’assurance de base aura un effet gigantesque sur la demande de soins par la médecine complémentaire. Ensuite, parce que le catalogue des prestations remboursées grandira de manière incontrôlable.
Et c’est justement le problème des conditions à remplir pour entrer dans le catalogue des prestations remboursées par l’assurance de base qui constitue le danger le plus grand. A l’heure actuelle, une méthode doit faire la preuve de son efficacité pour être remboursée par la caisse-maladie. C’est par exemple le cas de l’acupuncture. En cas de oui, ce critère de l’efficacité serait laissé de côté pour laisser place à de nouvelles questions : qui déterminera si la méthode XYZ peut entrer dans le catalogue ou non ? Est-ce qu’il faudra un diplôme pour appliquer telle ou telle méthode et quels seront les diplômes reconnus ? A l’heure actuelle, ces questions trouvent leurs réponses dans les assurances complémentaires, ce qui permet un contrôle des coûts par les assurances elles-mêmes, qui fixent les critères qu’elles jugent réalistes économiquement viables.
Accepter le contre-projet à l’initiative populaire « Oui aux médecines complémentaires » le 17 mai, c’est non seulement accepter une nouvelle hausse des primes maladie, mais c’est aussi ouvrir la porte à de nombreux abus ! Donc le 17 mai, votez NON aux médecines complémentaires.
Documentation
-
Liste des comités pour/contre l’initiative
-
Liste des consignes de vote des partis
-
Le texte soumis au référendum obligatoire (pdf, 0.5 Mo)
-
La brochure d’information fournie par la Confédération (pdf, 1.3 Mo)
Photo tirée de photo-libre.fr
Jérôme Hennet 

[...] Fédéral : Non aux médecines complémentaires dans l’assurance de base [...]
Ping par 17 mai : rappel des consignes de vote « Blog de Jérôme Hennet | 13 mai 2009