Blog de Jérôme Hennet

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Et si Peer Steinbrück faisait le jeu de la Suisse !

Forum_des_100A l’heure où les relations diplomatiques entre la Suisse et l’Allemagne en matière fiscale se gratifient de noms d’oiseaux en tous genres, l’Agefi retrace le discours d’Alexandre Zeller (PDG de HSBC Private Bank) lors du Forum des 100 dans « Nos voisins favorisent l’avenir de la place financière« . Un discours qui vise à identifier les défis et les chances à venir pour la place financière Suisse attaquée de toutes parts par les grandes puissances en manque de liquidités. Une opportunité notamment doit retenir notre attention : si les clients étrangers ne sont plus autorisés à vivre à l’étranger en déposant leur fortune en Suisse, il n’y a que deux possibilités qui s’offrent à eux.

La première consiste à rapatrier leur fortune dans le pays où ils sont établis. Cette possibilité, le très sympathique Peer Steinbrück l’envisage sans le moindre doute comme unique pour ses concitoyens. Elle aura pourtant une conséquence très douloureuse pour les personnes visées : une charge fiscale qui va exploser ! La fortune étant taxée à des niveaux incomparables à ce qu’elle l’est en Suisse, il est évident que d’autres solutions seront envisagées par les clients du fisc allemand.

La deuxième possibilité, qui pourrait avoir un effet inverse à celui espéré par notre cow-boy germanique en chasse d’indiens, consiste, pour les personnes visées, à venir s’établir en Suisse. Et ce n’est pas dénué de sens quand on compare la différence du traitement fiscal pour les grandes fortunes, et que l’on parle de personnes qui sont, le plus souvent, géographiquement très mobiles. Bien entendu, cela sous-entend que l’appui politique qui a fait défaut lors des attaques portées contre le secret bancaire soit présent pour mettre en place les structures capables d’accueillir les « réfugiés fiscaux ». Il ne s’agit pas ici de construire quoi que ce soit, mais simplement de faciliter les procédures administratives liées à un établissement en Suisse. Pour le reste, la tradition et le professionalisme helvétique en matière de conseil bancaire, fiscal et juridique seront les éléments-clé. Sachons saisir cette opportunité !

En ce qui concerne le secret bancaire en lui-même et les attaques nationalistes portées par Peer Steinbrück, il est sans doute bon de remettre l’église au milieu du village. En novembre 1934, le secret bancaire est entré dans la législation suisse, avec pour raison parmi d’autres, la décision d’Hitler de comdamner à mort les Allemands qui pourraient transférer leur patrimoine en Suisse (et on sait bien qui étaient visés en particulier). Dès lors, je pense qu’il serait de bon ton que le ministre allemand mette un peu d’eau dans son vin quant à ses déclarations envers les indiens. Parce qu’on sait ce qu’il advient lorsqu’on se met à traquer ses propres concitoyens…

Documentation

L’Agefi – « Nos voisins favorisent l’avenir de la place financière« , 8 mai 2009

Le billet sur le Forum des 100 consacré à « Comment réinventer la place financière suisse ?« 

Wikipédia – Histoire du secret bancaire

8 mai 2009 - Publié par Jérôme Hennet | Europe, Fiscalité, Politique, Secret bancaire

Un commentaire »

  1. [...] Et si Peer Steinbrück faisait le jeu de la Suisse (8 mai 2009) [...]

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